Pour beaucoup de campings, le calendrier a longtemps ressemblé à une évidence. Tout se joue en juillet et en août, le reste de l’année sert d’échauffement ou de descente. La vraie saison tient en huit semaines et le reste suit comme il peut.
Cette évidence est en train de bouger. Les ailes de saison gagnent du terrain, et septembre en particulier monte d’année en année. Derrière ce glissement se cache une opportunité que beaucoup de gérants laissent encore passer.
La rentrée grignote l’été
Le signal le plus net nous vient des camping-caristes. Selon le baromètre Camping-Car Park publié début juin, septembre est devenu leur mois de départ préféré avec 73,3% d’intentions contre 64% un an plus tôt. Juin se tient à un bon niveau autour de 58%, quand août recule nettement à 45%.
Les raisons tiennent en deux mots. Le calme et la chaleur. On part en arrière-saison pour fuir la foule des grands départs et de plus en plus pour échapper aux grosses chaleurs qui rendent le cœur de l’été parfois pénible. Plus largement, la météo pèse désormais lourd dans le choix de la période de séjour, et l’arrière-saison y gagne une attractivité nouvelle.
Mais qui se décale vraiment ?
Avant de réorganiser toute sa saison, un constat s’impose. Ce mouvement ne concerne pas tout le monde de la même façon. Les camping-caristes qui le portent ont un profil bien particulier, avec une moyenne d’âge autour de 59 ans et pas d’enfants scolarisés, ce qui leur permet de décaler leurs départs sans contrainte.
Les familles, elles, restent prisonnières du calendrier scolaire. Tant que l’école reprend début septembre, le gros des vacances familiales se jouera toujours en plein été. Vouloir les déplacer en masse vers la rentrée serait une illusion, et le promettre à un gérant serait malhonnête.
La désaisonnalisation est donc moins une vague qui emporte tout le monde qu’un déplacement d’une clientèle bien précise. Une clientèle de seniors et de couples sans enfants, à laquelle s’ajoute une partie des visiteurs étrangers au calendrier plus souple. C’est elle qu’un gérant peut réellement aller chercher en dehors des pics, à condition de penser une offre qui lui parle.
Une vraie carte à jouer
Cette clientèle de rentrée a de sérieux atouts. Elle voyage hors des périodes saturées et reste souvent plus longtemps sur place, séduite par un camping plus calme où le contact avec l’équipe coule de source. Elle correspond plutôt bien à ce qu’un établissement offre de meilleur une fois la pression de la haute saison retombée.
Reste que prolonger la saison ne s’improvise pas. Les attentes d’un couple de retraités en septembre n’ont pas grand chose à voir avec celles d’une famille au cœur de l’été. Le rythme se fait plus posé, les animations se pensent autant pour des adultes que pour des enfants. Un planning d’animation qui sait s’adapter à chaque clientèle fait souvent la différence entre une arrière-saison réussie et un camping qui tourne au ralenti. Le tout avec une équipe réduite après le départ des saisonniers, ce qui rend l’organisation d’autant plus précieuse.
Apprendre à séduire les septembristes
Attirer cette clientèle se joue en grande partie en amont. C’est un travail de communication, par exemple sur les réseaux sociaux, où quelques contenus bien sentis sur le calme de septembre et la douceur de l’arrière-saison peuvent donner sérieusement envie de venir.
Une fois les vacanciers sur place, l’enjeu change. Il s’agit de comprendre ce que cette clientèle encore nouvelle vient chercher, pour s’améliorer d’une année sur l’autre. C’est là qu’un outil comme Camp’in trouve son utilité. Les enquêtes de satisfaction menées auprès des campeurs de septembre aident à cerner leurs attentes réelles et à affiner l’offre saison après saison, pour tirer le meilleur d’une fréquentation qui pèse de plus en plus.
L’été restera le cœur de la saison, personne ne dit le contraire. Mais la rentrée n’est plus une simple fin de parcours. Bien exploitée, elle devient une opportunité essentielle pour réussir sa saison jusqu’au bout, en jouant sur tous les rythmes des vacanciers plutôt que sur le seul pic estival.


